Larry Hughes revient sur les raisons du souci du duo Michael Jordan – Jerry Stackhouse à Washington

Rédigé le 26/10/2020
Christophe Brouet

On le sait, le retour à la compétition de Michael Jordan aux Wizards, à une quarantaine d’années n’a pas vraiment fonctionné. Si Son Altesse a continué de sortir des prestations impressionnantes pour son âge, collectivement cela n’a jamais fonctionné pour les Wizards, qui n’ont pas atteint les playoffs lors de ses deux années dans la capitale. La légende des Bulls était le leader de l’équipe et cela ne plaisait pas à Jerry Stackhouse, débarqué en 2002 et qui avait le sentiment qu’il devait être celui sur qui s’appuyer, lui qui était le scoreur attitré aux Pistons, où il avait sorti une saison à près de 30 points. Il y a quelques mois il confiait à ce sujet :

“Nous étions en admiration devant lui. Même si les Bulls venaient de gagner 3 titres d’affilée, avec cette première retraite il avait un peu perdu, donc nous avions le sentiment qu’on pouvait davantage les inquiéter. Puis, lorsqu’il est parti et est revenu pour la dernière fois, c’était une nouvelle époque. Même s’il était toujours efficace, et faisait plein de choses différentes, les gens n’arrivent pas à comprendre de quoi nous parlons. Vous savez pourquoi j’ai été envoyé à Washington ? Parce que je leur ai botté les fesses, à lui et à Rip Hamilton. Nous les avions battus 4 fois de suite. Je pensais arriver en étant l’homme fort vu que Michael était sur la fin. Mais Mike était genre : ‘Ce n’est pas comme ça que je veux m’en aller.’ À tel point que lorsque nous étions en attaque, il changeait le système qui était prévu. Mais c’est Mike. Lorsque j’en ai parlé la dernière fois, ça n’a pas été bien interprété. Ça sonnait comme si je disais que j’étais un meilleur joueur que Michael Jordan, ça semble fou, pas vrai ? Mais à cette époque, j’étais plus à même de porter cette équipe. C’était juste une dynamique, une combinaison qui n’a pas fonctionné. Mais je n’ai toujours aucun problème à dire que Michael Jordan est le plus grand joueur de l’histoire.” Jerry Stackhouse

La mayonnaise n’a pas pris et Larry Hugues, qui faisait partie de cette équipe, tout comme Etan Thomas, dont il était l’invité dans le podcast The Rexmatch, est revenu sur les soucis entre les deux stars.

“Il y a des personnalités différentes, je pense que c’est ce qui fait que cela marche ou non. Puis le coaching joue aussi un rôle là-dedans. Quand nous avons joué avec MJ il y avait Doug Collins. Nous savons que MJ avait fait venir Doug Collins pour qu’il puisse jouer pour Doug Collins et Doug Collins savait que MJ l’avait fait venir pour qu’il coache comme MJ voulait qu’il coache. Je pense que c’était le problème entre Stack (Jerry Stackhouse) et MJ, c’était Doug. Parce que Stack vient du même endroit que MJ. Stack vient d’une petite ville où il faut se battre pour tout obtenir, et il ne va jamais reculer devant qui que ce soit. Il ne va pas se contenter de baisser la tête et de faire profil bas. Donc il y avait tout le temps des prises de tête parce Stack respectait MJ, mais il ne pouvait pas en parler à Doug parce que MJ avait fait venir Doug. Donc en gros Doug empêchait que le jeu passe par Stack. Stack voulait le ballon à mi-distance, mais Doug empêchait tout ça. Moi j’étais genre : ‘Okay, c’est MJ.’ Je suis même allé sur le banc à cause de ça, mais je me disais que c’était okay si MJ voulait que les choses soient ainsi parce que c’était MJ. Mais avec Stack ça ne s’est pas passé comme ça et c’est lié aux personnalités.” Larry Hughes

En 2002-03 Stackhouse a terminé meilleur scoreur des Wizards avec 21.5 points par match à 40.9% aux tirs alors que MJ terminait lui avec 20 points à 44.5%. Quant à Larry Hughes il était le 3ème scoreur avec 12.8 points par rencontre.