[Interview] Théo Maledon : « Je pense avoir surpris pas mal de monde »

Rédigé le 07/03/2021
Antoine Bancharel

Le meneur du Thunder a donné une conférence de presse avant sa sélection parmi les Rising Stars. Une opportunité rare avec ce garçon discret, pourtant très remarqué pour son bon début de saison.

Comment dirais-tu que tu t’es adapté à la NBA jusqu’ici ?

L’adaptation s’est bien passée. Ce n’est pas terminé, on est au All-Star Break, il y a encore une deuxième grosse partie de saison. Surtout que là, ça va se durcir pour les équipes qui essaient de gratter une place en playoffs et des places au classement. Je m’attends à ce que ce soit plus compliqué, mais pour l’instant cela se passe bien. C’est à peu près ce à quoi je m’attendais, mais je reste surpris par l’aspect physique. La manière de jouer aussi. On a l’impression que c’est plus soliste qu’en Europe, moins travaillé, alors qu’en fait il y a plein de situations qui sont vraiment détaillées et qui peuvent surprendre aussi.

La défense également ?

(Il acquiesce) La défense aussi. Effectivement. Je pense que, malgré les règles qui favorisent l’attaque, il y a une dimension athlétique qui permet d’un peu les cacher. Sur les un-contre-uns, les aides sont vraiment présentes. Je ne m’y attendais pas forcément.

Quel bilan tires-tu collectivement et individuellement ?

Le bilan collectif – vu ce que l’on nous prédisait – c’est assez satisfaisant ce que l’on a montré (le Thunder est 12e à l’Ouest, à quelques matchs du play-in). Mais on reste jeunes, on essaie de prendre chaque match l’un après l’autre. Je pense que l’on est sur la bonne voie. On travaille bien en équipe, offensivement et défensivement. Donc on doit continuer de cette manière. Individuellement, je pense avoir surpris pas mal de personnes. Mais moi, c’était mon objectif, je m’y étais préparé. Je voulais faire ma place et gagner la confiance de mes coéquipiers et de mes coaches. Donc j’essaie de continuer là-dessus, au fil du temps.

« Mon meilleur match ? Contre Atlanta »

Ton meilleur match jusqu’à présent ?

Le match contre Atlanta (double-double avec 13 points et 12 passes, 4 rebonds et 1 interception, le 26 février), j’ai senti que je pouvais faire les bons choix offensivement. Que j’avais un bon rythme. C’est quelque chose que je vais essayer de garder pour les matchs à venir.

Peut-on dire que tu es idéalement tombé à OKC ?

Je suis vraiment content d’être tombé dans cette franchise. Elle est très structurée, très professionnelle. C’est une éthique de travail qui me correspond bien. Après, le rythme est effréné. On a des matchs pratiquement tous les deux jours. Les entrainements sont donc modérés : on ne va pas se tuer alors qu’on a un match le soir même ou le lendemain. Cela reste du bon travail : des révisions de système, du scouting. Des exercices où il faut juste être concentrés, pas forcément beaucoup d’effort physique. Cela nous permet de travailler tout en conservant notre corps pour les matchs, au niveau mental du coup. L’approche, tout ça…

Trouves-tu difficile de garder une certaine régularité du coup ?

Mentalement et physiquement, l’enchaînement des matchs n’est pas facile. Alors on fait beaucoup de vidéo, avant les matchs. Beaucoup de vidéo sur nous-mêmes, les adversaires… cela nous permet de nous préparer. Il y a des hauts et des bas, donc il faut chercher à être constant le plus possible, vers le haut ! La chose qui m’a surpris le plus, c’est vraiment cet enchaînement des matchs. À un moment, on a fait neuf matchs en 14 jours. Cela demande vraiment beaucoup d’effort physique. Je m’y attendais un peu. Mais quand tu te retrouves vraiment dedans, c’est encore pire que ce que tu as pu imaginer. Il faut sortir le maximum à chaque match pourtant. Ça laisse des traces… On a un taff qui nous aide : kinés, tout ça. Mais les soirs après les matchs et les lendemains, on est très fatigués. Mais c’est aussi le cas de tout le monde, dans les autres équipes.

« Le Thunder ne veut pas que je m’invente une vie »

Que penses-tu des positions politiques que les joueurs prennent régulièrement ici ?

C’est un atout de cette ligue je trouve. Les athlètes peuvent vraiment parler et exprimer leurs idées. C’est quelque chose de positif. Surtout quand les combats qu’ils mènent sont contre les injustices, que l’on cherche à combattre dans ce monde. Je pense que cela va donner un peu d’impulsion et permettre d’aider à changer un peu des choses. Donc je trouve cela très positif. Personnellement, j’ai envie de m’y associer.

On te dit assez réservé, à ne pas trop t’épancher dans les médias. Cette année il y a moins d’accès, mais penses-tu que tu puisses changer au sein de cette culture, plus expansive ?

Une des bonnes choses de cette franchise, c’est qu’ils m’ont dit qu’ils voulaient que je sois comme je suis, que je ne m’invente pas une vie, que je ne cherche pas à être quelqu’un d’autre pour plaire. Je pense que cela ne change pas, que je sois aux États-Unis ou pas. La manière dont je suis, je ne pense pas que ce soit un problème, pour personne. Je peux être extraverti quand il faut (sourire).

Propos recueillis par Antoine Bancharel