[Interview] Vincent Poirier : « C’est ça qui me permettra aussi de jouer »

[Interview] Vincent Poirier : « C’est ça qui me permettra aussi de jouer »

Rédigé le 24/10/2019
Jean Bideau

Pour le tout premier match de la saison le Français Vincent Poirier n’a malheureusement pas pu fouler pour la première fois de sa carrière à Philadelphie, laissé sur le banc par Brad Stevens. Nous avons tout de même pu discuter avec le pivot français pour évoquer cette nouvelle aventure.

Tu viens de sortir de ta première présaison NBA après que tu aies plusieurs fois réalisé des essais pour des équipes NBA en Summer League. Tu l’as déjà affirmé dans certaines interviews, tu penses que cette année était la bonne pour arriver en NBA. Après plusieurs semaines déjà avec les Celtics et quelques matches dans les jambes, confirmes-tu cela ?

C’était un peu dur au début le temps de s’acclimater. C’est un nouveau monde donc il faut prendre le temps. Je pense que c’était le meilleur moment, de un pour partir d’Europe et de deux pour arriver ici. Je me sens bien dans ma tête, je me sens bien dans mon basket, je suis confiant. Je pense en plus que l’équipe sait de quoi je suis capable. Je pense que c’est la meilleure équipe.

Le jeu des Celtics semble bien te convenir avec une certaine touche européenne (beaucoup de pick and rolls), mais est-ce que tu remarques tout de même des changements avec l’Euroleague dans le jeu ?

De ce que j’ai vécu, en Euroleague on demandait aux big men de sortir beaucoup plus sur les pick and roll. C’était beaucoup d’efforts en défense. Ici ça m’en demande un peu moins par rapport à la défense qui est plutôt une défense d’équipe où les extérieurs ont un gros rôle à jouer. Ça a une part de soulagement par rapport aux big men. On demande beaucoup aux big men de courir pour avoir des paniers faciles et amener du jeu de transition. C’est à peu près similaire. Je trouve que l’Euroleague de par cela est plus intense parce que tu dois être et en attaque et en défense. Durer longtemps sur un match d’Euroloeague c’est plus compliqué mais ici ça reste quand même très intense, il ne faut pas laisser les autres gars marquer.

Athlétiquement ça reste plus impressionnant ici ?

Oui. Ça saute beaucoup plus, ça court et ça court vite, ça va haut donc ouais.

Tu as également affirmé vouloir faire le « sale boulot ». Tu as brillé avec l’Equipe de France dans ce rôle pendant la Coupe du Monde. En as-tu parlé avec Brad Stevens et le coaching staff des Celtics? Est-ce que ces derniers te demandent spécifiquement d’avoir ce rôle ou bien est-ce qu’ils t’attendent au tournant sur d’autres aspects du jeu?

C’est déjà ce que je faisais à Vitoria, donc ils ne vont pas me demander autre chose. Quand je dis faire le « sale boulot », je veux dire poser des bons écrans pour les extérieurs, courir, prendre des gros rebonds, faire des blocks. C’est tout ce que je faisais déjà avant. La différence avec ce que je faisais avec Victoria et en Equipe de France c’est que les gars me connaissaient donc ils savaient de quoi j’étais capable donc forcément en attaque c’est plus facile. C’est ça le défi d’arriver dans une nouvelle équipe, c’est de montrer de quoi tu es capable pour que les gars te fassent confiance. Donc aujourd’hui je suis dans le sale boulot parce que je sais que ce sale boulot va m’amener à avoir des paniers en attaque. C’est ça qui me permettra aussi de jouer.

Est-ce que tu penses que tu peux rentrer durablement dans la rotation de Brad Stevens ?

Il y a quelque chose à faire. Bien sûr le but ça reste de gagner et d’être le plus performant pour l’équipe. Au poste de pivot on est tous différents mais quand même assez similaires. Il n’y en a pas un qui est un gros shooteur à trois points par exemple. Je suis le plus grand excepté Tacko. Je sais que je peux shooter, je cours vite. Une opportunité suffira à montrer que je peux aider l’équipe. Le but reste de gagner.

Ça reste un de tes objectifs de saison de rentrer dans ce 5 majeur ?

Oui bien évidemment. Je sais qu’en venant ici j’avais un coup à jouer. Je sais que ça ne va pas être facile, que je vais devoir travailler dur mais je suis prêt et j’ai déjà été dans cette situation. Je sais comment la gérer et on verra à la fin de l’année comment ça se passe.

La saison passée l’ambiance dans l’équipe était au centre de toutes les discussions au sujet des Celtics. Qu’en est-il de cette ambiance ?

L’ambiance est top. On est un groupe qui veut apprendre de ses échecs de l’année passée. Je pense qu’on est tous motivés à faire quelque chose de gros cette saison. Il y a une ambiance de travail qui fait qu’on se pousse les uns et les autres à progresser et à devenir meilleur. C’est le genre d’ambiance que j’avais à Vitoria et à Levallois. Je pense qu’on va passer une bonne année.

As-tu été impressionné par un de tes coéquipiers pendant la présaison ?

Pas forcément par un seul. Tout le monde a un aspect de son jeu qui est impressionnant. Marcus Smart est un gars très intense qui donne beaucoup de la voix à l’entrainement, qui est un chien défensivement. Jouer avec des gars comme ça, cela te force à être bon en défense. Tatum c’est un gros dribbleur qui va vite.

Penses-tu que vous avez une équipe capable d’aller chercher le haut de la Conférence Est, voire le titre NBA ?

Bien sûr, sinon on ne serait pas là à s’entrainer dur et à donner notre corps pour le basket. On a tous cet objectif d’aller le plus loin possible et pourquoi pas de ramener la 18ème bannière. C’est le sport, rien n’est acquis, pleins de choses peuvent se passer pendant la saison mais c’est ce qu’on veut faire.

Propos recueillis par Jean Bideau à Philadelphie