[Grosse Interview] Tony Parker : « Faire quelque chose qui n’a jamais été fait en France »

[Grosse Interview] Tony Parker : « Faire quelque chose qui n’a jamais été fait en France »

Rédigé le 04/03/2019
Antoine Bancharel

En partenariat avec Le Figaro, à qui la légende française a accordé cette interview publiée dans le journal de mercredi matin, Basket-Infos publie sa version longue. Un régal pour les passionnés.

Propriétaire et président du LDLC Asvel et Lyon Asvel Féminin, en tête de leur championnat respectif et avec l’objectif assumé d’en faire des grands d’Europe, bâtisseur d’une future académie et d’une Arena… « TP » a de fortes ambitions, qui riment avec reconversion. Dans le basket comme ailleurs. Dix ans après avoir fait son entrée dans le capital du prestigieux club de la banlieue lyonnaise (c’était le 4 février 2009), la légende NBA, toujours en activité, dévoile ses projets et revient sur le parcours qui l’y a mené.

Tony, l’envie de devenir propriétaire-dirigeant remonterait au divorce de tes parents, qui t’avait poussé à t’occuper de tes frères?

Oui, je pense que cela a commencé là. Quand on me demande d’où vient cet esprit de… de bâtisseur, j’ai envie de dire, je pense que c’est une mentalité en fait. Il y a des gens qui suivent et il y a des gens qui aiment bien créer et bâtir. J’ai toujours eu ça en moi en fait. Depuis tout petit. Le fait de tout le temps organiser et m’occuper de mes frères, cela a créé cette petite fibre. Je pense que cela vient de là.

Tu parlais déjà de diriger un club avant même de passer professionnel aussi, avec Gaëtan Muller (qui est devenu son président délégué)…

Oui, bien sûr, depuis tout petit. On imaginait un peu notre vie et je savais très bien qu’une carrière de basketteur, c’est court. Si tu n’as pas de blessure et que tu fais une carrière de 10 ans, c’est déjà très, très bien. Moi j’ai eu la chance de faire 20 ans (il est passé pro en 1999 avec le PSG Racing Basket). Je suis resté en bonne santé, donc je fais partie, entre guillemets, des chanceux. Mais je savais très bien dès le début qu’il fallait se préparer et que je serai plus longtemps président d’un club que joueur de basket. Ça c’est juste la réalité. C’est pour ça que très tôt, j’ai voulu m’organiser et apprendre. Au début, je suis devenu petit actionnaire (en février 2009). Pour apprendre en fait, voir comment cela se passe, voir si cela allait me plaire. Et en 2014 j’ai pris la majorité.

Est-ce que le fait d’avoir joué pendant le lockout en 2011 t’a aussi plus impliqué dans l’ASVEL ?

Non, rien à voir. Parce que dès que j’ai fait le premier investissement en 2009, j’étais déjà très impliqué. Le lockout, c’était sympa parce que j’ai pu jouer devant ma famille, devant mes amis, et jouer en France. En plus on sortait d’un super championnat d’Europe (médaille d’argent), on venait de se qualifier pour les J.O., donc le basket français était sur une vague ultra positive. Mais après mon premier investissement dans l’ASVEL, j’étais déjà à fond et déjà en train d’apprendre. J’étais déjà venu pendant l’été pour voir un petit peu comment cela se passait, tout ça. Après c’est toujours bien de resserrer les liens. Avec les actionnaires, avec les partenaires, cela a aidé un peu. Mais j’étais déjà à fond quoi !

« Je voulais repousser les limites, comme premier meneur Européen en NBA »

Tu pensais donc déjà à diriger un club avant la NBA, et en plus tu es arrivé aux Spurs. Pile au moment où ils ont créé la franchise sportive la plus respectée des vingt dernières années aux Etats-Unis…

Je suis arrivé dans une franchise où c’était le début de leur histoire. Ils avaient envie d’être très, très bons. Mais ce n’était pas encore les Spurs que l’on connaît maintenant. Ils avaient gagné un titre en 1999, mais ils se faisaient chambrer, entre guillemets, par Phil Jackson, qui disait que c’était un titre avec un astérisque. Donc tout le monde était au début de vouloir créer une dynastie, une franchise qui va durer dans le temps. Dans ce sens-là, on va dire que j’ai eu de la chance de tomber dans une franchise qui voulait faire ça. Parce que moi c’est ce dont j’avais envie en fait. Les personnalités allaient vraiment bien ensemble, entre la mienne et celle de Tim, celle de Manu et celle de Pop. On est tous arrivés là et on voulait vraiment marquer l’histoire de notre sport.

Ça correspond à ce que tu dis sur la première qualité d’un entrepreneur : la vision.

Oui bien sûr ! Il faut avoir une vision. Il faut avoir une vision. La vision de ce que tu veux faire. Et après il faut le faire. Travailler dur, mettre les moyens de ton côté pour réussir. Mais si tu n’as pas de vision, je ne sais pas comment tu peux fédérer les gens dans une aventure humaine. Un club sportif, c’est une aventure humaine. Parce qu’à la fin de la journée, si tu es dans le sport c’est que tu veux vivre des émotions, que tu veux vivre des sensations fortes. Aux Spurs, on a grandit ensemble. (Il répète) On a grandit ensemble. Moi, j’avais déjà cette vision-là pour mon club. Et c’était sympa de le vivre de l’intérieur en tant que joueur, avec les Spurs, pour pouvoir dupliquer ensuite ce que je voulais faire, avec l’ASVEL.

Quand tu parles de vision, il y a le côté pionnier aussi, que tu as vécu sur le terrain, parmi les premiers européens à ouvrir les portes de la NBA. Dans la deuxième génération de joueurs du continent, mais comme premier meneur « euro » à prendre les clés d’une franchise…

Oui, il n’y avait pas d’Européens en NBA, pas à mon poste. Aucun meneur Européen n’avait réussi. Donc pour moi c’était un rêve, je voulais repousser les limites, en fait. Etre un pionnier pour le basket français, et essayer d’être une inspiration pour tous ceux qui vont suivre derrière moi quoi. C’est pour cela que j’ai toujours pris sérieusement mon rôle d’ambassadeur du basket français. Parce que je savais qu’il y avait beaucoup de choses derrière. Si je n’avais pas réussi, ç’aurait pu fermer pas mal de portes. On en parle des fois avec Pau (Gasol), avec Dirk (Nowitzki), avec (Andreï) Kirilenko, tous ceux qui sont arrivés pour justement ouvrir les portes. Parce que c’est après cette génération-là que maintenant il y a 80-90 joueurs internationaux en NBA (108 cette saison). On a vraiment réussi à ouvrir les portes. Avant il y a eu les tout premiers pionniers on va dire, au début, avec (Arvydas) Sabonis, Vlade (Divac), (Drazen) Petrovic, tout ça. Et après, quand nous on a réussi, c’est là qu’on a vraiment réussi à ouvrir les portes en grand.

« Je suis partisan de fédérer, surtout en France, parce qu’on n’a pas les moyens des gros clubs ! »

Tu as été propulsé très tôt très haut en plus : joueur majeur aux Spurs, avec la particularité du poste de meneur, locomotive du basket français… Ça t’a donc amené très vite dans le côté business, via les sponsors, tout ça ?

Oui. Je pense que grâce au basket, j’ai eu l’opportunité de vivre pas mal d’expériences, de côtoyer des gens qui sont dans le milieu de l’entreprise depuis longtemps. Donc j’ai pu apprendre à côté de personnes très sérieuses et réputées. Et c’est ce qui m’a permis de me construire et de prendre ce que j’aime bien. Et de faire à ma sauce après, on va dire (sourire) !

De voir les mauvais côtés, aussi ?

C’est clair que dans le sport, il y a beaucoup de personnes qui ont de mauvaises intentions. Donc c’est à toi de bien choisir avec qui tu veux t’associer. Des gens qui ont un peu la même vision que toi. Parce qu’à la fin de la journée, les gens qui ont de l’argent, ils ne partagent pas le gâteau quoi. C’est à dire qu’après, si ils ouvrent leur porte, c’est parce qu’ils veulent passer du temps ou faire une aventure humaine. Mais ils n’ont pas besoin d’argent. Donc après c’est une question d’avec qui tu veux t’associer. Moi au jour d’aujourd’hui, j’en suis à ce niveau-là. Maintenant, c’est avec qui j’ai envie de passer mon temps et avec qui j’ai envie de prendre du plaisir à faire nos projets ensemble.

La notion de collectif, comme sur le parquet, donc ?

Bien sûr. Moi je suis toujours partisan de fédérer les gens. Surtout en France. Parce qu’on n’a pas les moyens des gros clubs… L’union fait la force ! C’est pour ça que je me suis toujours dit que ce serait bien que je m’entoure des bonnes personnes, que ce soit dans le monde de l’immobilier, dans le monde des finances… par exemple. Et dans le monde du basket, j’ai la chance d’être associé à Nicolas Batum. Il faut trouver les bonnes personnes et avec qui tu vas t’entendre. Parce que tu ne peux rien faire seul. Les projets que l’on est en train de faire avec Nico, et tous ceux qui sont dans les équipes, ça comprend beaucoup de personnes quoi. Alors après, il faut que tu aies une personne qui prenne les décisions, qui va être le leader, on va dire, mais moi je suis dans le partage et je donne beaucoup de responsabilités à mes présidents délégués, et je pense que c’est important de savoir déléguer.

« En business aussi je choisis l’offensive, surtout en France »

Sur le terrain, tu as un profil qui privilégie l’attaque. Idem en affaires ?

Ça dépend des situations. Il faut savoir s’adapter. Après, je dis toujours que l’on choisit l’offensive. Surtout en France. Parce que les projets mettent longtemps à sortir. C’est à une vitesse d’escargot, ce n’est pas la même culture. Mais en même temps, il faut que tu t’adaptes quand même, il faut que tu trouves le juste milieu. Parce que le monde américain, ce n’est pas le même que le monde français. Il y a des raisons pour lesquelles j’adore la France et d’autres pour lesquelles j’adore les Etats-Unis. Ce sont deux mondes différents. Moi j’aime bien les deux, donc il faut que tu t’adaptes ! Quand tu fais des projets en France, il faut que tu t’adaptes, même si après tu essaies de choisir l’offensive pour sortir les projets. Yohan Sangaré, il dit toujours en rigolant : « On a mis 15 ans pour sortir des trucs à l’ASVEL, et toi tu arrives et en 3 ans les choses bougent ! ». Après, c’est aussi comment tu arrives et comment tu parviens à fédérer tout le monde. C’est ce que je dis tout le temps : comment tu les fédères et comment tu arrives à faire avancer les projets.

Pour toi, quelle est la différence majeure entre les Etats-Unis et la France ?

Aux Etats-Unis, c’est plus business, c’est plus l’argent. En France, c’est plus l’affect et tout ça. Bien sûr, l’argent, c’est le nerf de la guerre. Mais je trouve qu’en France on fait plus attention à l’affect et à l’aventure humaine.

« Mon inspiration est plus Magic Johnson que Michael Jordan en affaires »

Ton inspiration basket a toujours été Michael Jordan, mais en affaires tu cites plutôt Magic Johnson. Pourquoi ?

Michael c’est plus dans le sport en fait qu’il a réussi. Avec sa marque, Jordan, qui est incroyable, et le club aussi. Mais pourquoi Magic ? Parce que Magic c’est plus dans le monde de l’entreprise qu’il a réussi. Avec Starbucks, T.G.I. Fridays, les cinémas… C’est pour cela que je le cite. Parce que j’aimerai faire un peu pareil et réussir dans les deux. Et c’est pour cela que je suis toujours intéressé par les différentes aventures où je peux essayer d’aider. Comme VOGO sport (entreprise française de solutions live, replay et réalité virtuelle), les nouvelles technologies. J’essaie de trouver des choses un peu innovantes, qui peuvent aider le sport en général.

Et donc aussi en-dehors du sport…

Bien sûr, c’est pour cela que j’ai fait du cinéma, avec Birth of a Nation (primé à Sundance, comme producteur), ou la marque de vêtements Wap Two. Petit à petit, j’essaie de me diversifier. Parce que quand tu as réussi, tu peux avoir des opportunités. Après, il ne faut pas faire tout et n’importe quoi, mais tu peux avoir des belles opportunités, pour vivre de belles aventures. L’aventure Wap Two, c’est une belle aventure, le cinéma c’est une super belle aventure, je rencontre des personnes incroyables. La musique aussi ç’a été une super aventure. Donc c’est pour cela aussi que tu essaies de te diversifier. Je serai toujours basketteur à la base. Et j’en suis fier. Aucun problème avec ça. Mais cela me permet de montrer différentes facettes de ma personnalité.

Apprendre d’autres milieux, et peut-être en faisant des erreurs aussi ?

Bien sûr, bien sûr ! Je pense que tu apprends beaucoup quand tu fais des choses, et qu’elles prennent une autre tournure, que tu ne les voyais pas comme ça. Je pense que tu peux beaucoup apprendre de tes erreurs aussi. Tu peux en bénéficier pour avoir un meilleur jugement sur les prochaines étapes en plus. On peut dire ça. Et j’ai toujours fait la part des choses. Quand c’est basket, c’est basket, et quand c’est business, c’est le business.

« Mon but, c’est avant tout l’aventure humaine »

Le moment où tu deviens vraiment entrepreneur, c’est lequel selon toi ?

Je pense que c’est le moment où j’ai repris le club de l’ASVEL.

Avec quelle vision, du coup ?

On essaie de faire un club unique. C’est ce que j’essaie de toujours dire à mes équipes. Il faut que l’on essaie de faire quelque chose de différent, quelque chose qui n’a jamais été fait en France. A travers le club de l’ASVEL, le naming (avec LDLC, sur le club masculin), reprendre le club féminin (devenu Lyon ASVEL Féminin), associer les deux, faire une académie pour aider la nouvelle génération… Je pense que tout ça fait que l’on est un club différent.

Ta motivation, ton moteur même, se situe où ?

Moi mon but, c’est avant tout l’aventure humaine. Je veux vivre des moments forts avec mes amis et essayer de construire quelque chose dont on sera fier dans 10-15 ans. On pourra se dire qu’on est partis de rien et que l’on a réussi à faire ça. Je pense que c’est cela l’objectif. Et si dans le même temps on peut rendre les gens heureux, rendre fier le basket français et créer plein de jobs, et que la nouvelle génération s’inspire de cela et fasse encore mieux que nous plus tard, je pense que l’on aura réussi notre mission.

Avec en plus le côté féminin…

Oui, ce n’est pas un secret que dans nos valeurs, l’homme et la femme, c’est pareil. Et je dis toujours à nos équipes que l’on est une grande famille, et qu’il n’y a pas de différence entre LDLC ASVEL et le Lyon ASVEL féminin. C’est comme cela que j’ai été éduqué.

La qualification en Euroleague pour le club masculin (sur invitation pour les deux prochaines années, alors que les filles, en tête de leur championnat elles aussi, ont de fortes chances de s’y qualifier pour 2019-2020), c’est une étape forte, qui peut pousser d’autres clubs français à suivre ce type de modèle, très structuré et ambitieux ?

C’était la première étape oui. Effectivement tu peux toujours t’améliorer dans ce secteur-là, et nous petit à petit on se structure comme il faut. Mais cela va prendre du temps. Cela va prendre du temps. Il ne faut pas brûler les étapes et vraiment le faire intelligemment.

L’Arena va être une autre grande étape, où là aussi l’ASVEL joue un rôle moteur dans le basket français.

L’Arena, cela fait longtemps que l’on en parle. On est un peu en retard en France par rapport à d’autres pays, notamment l’Allemagne. Il faut que l’on essaie de progresser sur ça. Tu vois d’autres clubs qui essaient de progresser sur ces dossiers : Strasbourg a fait un beau dossier, Nanterre a fait une belle salle… Petit à petit, on va essayer de rattraper le retard que l’on a par rapport à d’autres pays sur les arénas.

« Tu prends ce qui est bien aux Etats-Unis, ce qui est bien en France, et tu essaies de faire un cocktail explosif ! »

Sans oublier la Tony Parker Adéquat Academy, qui ouvrira cet été. Quel est son but ?

Le but avec l’académie, c’est de créer un endroit où les jeunes pourront vivre de leur passion. Où ils vont bien sûr continuer l’école, mais en même temps être dans le monde de l’entreprise. Parce que l’on a un partenariat de douze ans avec Adéquat (société de travail intérimaire et de recrutement), qui aura une filiale carrément dans l’école. Les étudiants pourront découvrir, à travers tous nos partenaires, le monde de l’entreprise, selon ce qu’ils veulent faire, à un très jeune âge. Donc ils seront formés très, très tôt.

Quand Gaëtan Muller a vécu sa blessure, cela vous a fait prendre encore plus conscience, jeunes, que 90% des jeunes en centre de formations ne deviennent pas joueurs pros ?

On en avait déjà parlé même avant sa blessure. J’ai toujours été conscient qu’il suffit d’une blessure pour que tout soit terminé. Et j’ai toujours eu cette fibre de vouloir aider à travers mes camps de basket. Là, on est à l’apogée avec l’Académie. C’était le but ultime quoi. De créer un endroit où les jeunes peuvent venir, vivre de leur passion et apprendre. Vivre de leur passion, et en même temps, s’il y a un problème, d’avoir un job et être sûrs qu’ils seront formés et armés pour attaquer leur vie.

T’es-tu inspiré de ce que tu as vécu à l’INSEP ?

Non. Là je me suis plus inspiré des Etats-Unis, du campus, et de préparer pour être le plus armé possible pour être prêts pour la vie. Pas forcément d’un campus en particulier d’ailleurs, parce qu’à la fin c’est un peu tous les mêmes.

Les campus US sont souvent très excentrés par contre, des villes à eux seuls, sans rien autour, alors que là vous allez plus suivre le côté français, en ville.

Oui, et c’est là où tu prends un peu des deux. Tu prends ce qui est bien aux Etats-Unis, tu prends ce qui est bien en France et tu essaies de faire un petit cocktail explosif. Le meilleur des deux mondes quoi ! Tout se passe bien au niveau de la construction. Je l’ai visité cet été. J’ai les vidéos régulièrement. On fait un séminaire avec tous les gens de l’ASVEL. Ils sont venus pendant la saison NBA aussi. ASVEL féminin, masculin, académie, tous. Donc on a pu faire un point sur tous les dossiers.

L’intensité de ce que tu as vu et vécu depuis très jeune, au plus haut niveau côté sportif, sur le terrain comme au niveau management avec les Spurs, et aussi dans le monde des affaires avec les sponsors, les différentes aventures business, tu penses que c’est ce qui te permet de pouvoir travailler, à 36 ans, avec des businessmen qui sont typiquement bien plus âgés ?

On va dire que j’ai eu un apprentissage accéléré oui ! Plus qu’accéléré même ! C’est pour cela que je peux tenir les conversations et les projets avec eux. C’est grâce à ça.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à New York