[Interview] Tony Parker : « Les playoffs n’affecteront pas ma décision »

[Interview] Tony Parker : « Les playoffs n’affecteront pas ma décision »

Rédigé le 02/03/2019
Antoine Bancharel

Alors que les Hornets sont dans la course aux playoffs, le meneur français tire un bilan très positif personnellement, même s’il reste prudent collectivement. Quand à la question de savoir s’il rempilera une saison de plus, il semble que « TP » n’ait pas encore décidé.

Tony, quelle leçon est à tirer de cette victoire importante à Brooklyn, contre un concurrent dans la course aux playoffs ?

Cela résume un petit peu notre saison : on a du mal à être réguliers. On est tombés sur un bon soir, où on a mis dedans, et défensivement on était bien. Maintenant, c’est la clé de notre saison. Si on arrive à être plus réguliers et enchainer des performances comme ça, on arrivera à accrocher une place pour les playoffs. On doit vraiment continuer à jouer comme on a joué ce soir (victoire 123-112 à Brooklyn). Mais comme je viens de le dire, on a vraiment du mal cette année à être réguliers dans nos performances. On doit rester constants. On a dû se battre avec ça toute la saison ! On sait qu’on peut faire de bons matchs, comme celui de ce soir, maintenant il faut savoir passer au prochain match et faire la même chose.

Coach Borrego dis justement que tu peux apporter beaucoup par ton expérience. Comment le fais-tu concrètement ?

J’essaie de faire mon maximum, mais après je ne suis que 18 minutes en moyenne sur le terrain. A un moment donné… (il laisse une pause) J’essaie de faire mon job sur le terrain. Et en dehors du terrain, je continue à parler à mes coéquipiers, à continuer de les encourager, à rester positif, mais après, je ne peux pas… J’essaie du faire du mieux que je peux !

Y a-t-il des choses que tu pointes en particulier à certains coéquipiers ?

Pas vraiment. C’est plus collectivement, où il faut que l’on soit plus réguliers. Les jeunes passent le cap, il faut que l’on progresse, et il faut que l’on commence à gagner des matchs ! Ça va être difficile. On a eu plein d’opportunités. Il y a eu plein de matchs où on était devant et on n’arrive pas à terminer les matchs.

« Nico a eu un déclic »

Cela fait du bien de voir Nicolas Batum avoir enfin un rôle conséquent en attaque ?

Je pense que Nico a eu un petit déclic. Le fait qu’il repasse au poste de deuxième arrière, il se met dans la tête qu’il faut qu’il shoote plus. Et là il est beaucoup plus agressif. Et les systèmes sont un peu fait pour ça aussi ! Avant, c’était (Jeremy) Lamb qui jouait poste 2, et Nico ne touchait pas trop la balle. Il ne pouvait pas faire grand-chose en attaque. Maintenant il passe en poste 2, et c’est Miles (Bridges) qui fait poste 3. Or le poste 3 n’a pas beaucoup la balle, ça se voit. Donc là Nico est beaucoup plus agressif et il peut beaucoup plus s’exprimer.

En parlant de changement, votre coach semble aussi dire qu’il fallait en faire dans la « second unit », où tu as un rôle prépondérant…

Je ne suis pas forcément d’accord avec lui. C’est le coach : s’il perd des matchs, il veut changer des choses. C’est normal. Mais en fait je trouve que l’on se débrouille bien avec la second unit. Frank (Kaminsky, qui n’avait pratiquement pas joué avant et dont il se disait que les Hornets allaient couper son contrat), a très bien joué ce soir, il a été agressif. Je suis vraiment heureux pour lui. Mais même sans ça, on s’est bien débrouillé toute la saison.

C’était important de reprendre la 8ème place ?

Bien sûr, bien sûr ! L’objectif c’est de faire les playoffs. Donc à un moment donné, il va falloir que l’on fasse une petite série.  Celle avant le All-Star break nous a fait mal là, les quatre défaites, quand j’étais blessé. Donc là il va falloir vraiment qu’on s’accroche à la 8ème ou 7ème place, parce que ça va se jouer entre quatre équipes, je pense, pour les deux dernières places en playoffs.

« Personnellement, c’est une super saison »

Comment as-tu vécu cette saison personnellement, jusque là ?

Moi, personnellement, c’est une super saison. Une super saison. Je me sens bien physiquement, je n’ai pas eu de grosse blessure. Je me sens bien dans cette équipe et j’ai retrouvé mon agressivité. On a fait de gros matchs, on se bat pour les playoffs… On a été 7èmes ou 6èmes pendant longtemps. Parce que là c’est juste les derniers matchs où l’on est 8èmes ou 9èmes, même si là on repasse 8èmes avec la victoire de ce soir. Globalement c’est une saison très, très réussie ! Maintenant, il faut la terminer. Parce qu’il reste 20 matchs,  donc il faut que l’on essaie vraiment d’arracher cette place pour les playoffs.

Tu ne donnes jamais de détail, mais les échanges avec Michael Jordan, qui a été une raison majeure de ta signature à Charlotte, se passent comme tu l’anticipais ?

Oui ! Tout se passe très, très bien. C’est une super expérience, et les moments que l’on a passés ensemble, ce sont des moments importants. Et franchement, pour moi, tout ce que j’ai découvert ici, cela se passe positivement.

On a vu les Spurs il y a quelques jours et Pop nous disait que c’était dur d’inculquer la culture que vous aviez au groupe actuel, ce qui explique leurs difficultés…

Bah, quand tu es habitué, pendant vingt ans, à avoir un big three, après ça change hein ! La roue tourne et maintenant il faut que les jeunes fassent leur propre chemin. Et ils ont gagné de bons éléments. Mais maintenant il va falloir passer par la phase où il faut qu’ils grandissent, qu’ils progressent. Et ça, ça prend du temps.

As-tu déjà pris la décision de continuer ou pas l’an prochain ?

Je ne sais pas encore. Pour l’instant, je veux d’abord finir cette saison, puis je prendrai ma décision en juin si je fais la deuxième ou pas. Les playoffs n’affecteront pas ma décision d’ailleurs. Qu’on les fasse ou qu’on ne les fasse pas, ça ne changera rien.

Propos recueillis par Antoine Bancharel, à Brooklyn