Très investi dans la lutte contre la discrimination raciale, Jaylen Brown a demandé aux Celtics d’embaucher un coach noir

Rédigé le 22/09/2021
Julien Faure

Cet été, les choses ont bougé en NBA. Pas moins de sept des huit nouveaux coachs en place pour la saison prochaine sont noirs. Avec ce chiffre, ce sont 13 des 30 coachs sur les bancs NBA qui seront noirs l’année prochaine. Dans une ligue composée à 75% de joueurs noirs, cette représentation est d’une grande importance pour Jaylen Brown, l’ailier des Celtics. Alors que des coachs noirs soient de plus en plus recrutés et considérés, c’est une avancée fondamentale pour Brown. Et peu importe les raisons qui ont mené à ces embauches, l’important est de voir ces coachs embauchés.

 » Que ce soit parce qu’ils faisaient en sorte de nous faire taire, ou parce qu’ils pensaient que c’était le bon choix, ça ne m’importe pas . Cette représentation est importante. Il s’agit de donner aux gens l’accès et les ressources dont ils ont besoin et qu’ils méritent, surtout les anciens joueurs. Ils méritent d’avoir leur place à cette table eux aussi, spécialement dans ce rôle de coach, tout comme dans les front offices ou parmi les propriétaires. Ces postes sont aussi importants, surtout s’ils sont qualifiés. C’est mon argument. Les gens peuvent ne pas être d’accord,  » Ils ne sont pas qualifiés. Ils nous prennent juste nos jobs parce qu’ils sont afro-américains. » Vous avez vu des gens dire ça dans les médias, ou des choses du genre. C’est de la merde. Il y a un paquet d’Afro-Américains et de gens noirs qualifiés capables de faire leur travail. Et ils méritent leur place à cette table. »

Impliqué sur ces sujets, Brown ne cache pas qu’il est allé voir son front-office, une fois Brad Stevens passé dans son rôle de GM, pour leur parler de la nécessité d’avoir un coach noir. Ce que sa franchise a entendu, avant d’engager Ime Udoka.

 » Ils étaient d’accord avec ça. Ils en ont parlé. Ce n’était pas comme si c’était juste qu’il était afro-américain. Udoka est plus que qualifié. »

Alors que les mouvements sociaux se sont multipliés aux États-Unis et partout dans le monde pour lutter contre le racisme et les injustices sociales, Brown n’oublie pas le geste des Bucks de boycotter des matchs dans la bulle NBA. Un geste qu’il a respecté et soutenu.

 » J’ai respecté ce que les Bucks ont fait, c’est sûr. Et j’ai essayé d’être leur avocat lors des réunions, de les soutenir. Je comprends toute la peine, toute la frustration accumulée qu’il y a dans ces quartiers lorsqu’ils perdent quelqu’un. Donc, vous ne pouvez contrôler la façon dont quelqu’un va répondre à cela. »

C’est aussi une façon pour Brown de montrer que les sportifs ont leur rôle à jouer dans cette entreprise et que la non-banalisation de ces situations peut passer par eux. Et lorsqu’on lui demande ce qui lui a donné la force d’agir dans ces moments-là, il affirme que ce n’est pas de la force mais presque plus du bon sens.

 » Ce n’était pas nécessairement de la force. Je pense juste que les gens sont tellement immunisés au fait que ce genre de choses arrive, ils sont immunisés à la souffrance, parce qu’on la voit tellement. Je pense que tous les athlètes accordent de l’importance à tout ce que je dis. Mais, parce qu’ils le voient tant, ils pensent juste que cela doit arriver. Et cela arrive. C’est normalisé. Ça ne devrait pas être normal. Nous devrions utiliser la plateforme que nous avons pour nous exprimer pour plus combattre ce genre de choses. Et je pense que si nous ne devons pas jouer un match, ou stopper les choses pendant un moment, puis continuer, et ensuite remettre le tout en pause, s’ils continuent, alors c’est ce qui doit être fait. Mais nous n’allons pas continuer de normaliser cela. »

Pour Brown, les joueurs doivent continuer à s’exprimer. En permanence. Ils se doivent de dénoncer les violences raciales, les violences policières et les violences banalisées. C’est leur rôle d’éduquer la population à se sujet, de leur faire réaliser l’entièreté de la chose. En tant que joueurs NBA, et même, simples sportifs de haut niveau, les athlètes se doivent d’utilisé leur impact médiatique. Sa tribune, Jaylen Brown la trouve aussi dans les universités. En effet, cet été et depuis plusieurs années déjà, le jeune Celtics n’hésite pas à se rendre dans les facs pour parler aux étudiants lors de conférences. Harvard et Berkeley sont à son programme, le MIT aussi. Tout comme il tient à se rendre dans des universités dites, historiquement noires. Avec son impact, il espéré qu’il pourra influer ou du moins permettre à ces futurs diplômés venus de toute part de changer leur opinion sur certaines choses concernant le racisme et le racisme systémique. Ainsi, il peut appuyer sur ses sujets importants et qui doivent être réglés à ce niveau. Surtout, il garde cette forme de « révolution sociale lente » en vie en permanence, de sorte que le mouvement ne s’essouffle pas malgré l’arrêt progressif des immenses manifestations. Pour lui, hors de question de tourner le dos à sa communauté.

 » Simplement parce que j’ai échappé à certaines barrières que notre société nous a infligées et que j’ai atteint un certain niveau de succès, ça ne veut pas dire que je ne vais pas prendre soin de la communauté d’où je viens. »

Alors qu’il compte bien terminer son cursus et obtenir son diplôme à Berkeley, où il été à l’université, Brown s’est aussi investi dans la création d’un programme destiné à des jeunes défavorisés dans leur accès à l’éducation avec le MIT et Harvard. L’objectif de ce projet, les rapprocher de l’éducation et leur offrir une nouvelle plateforme d’apprentissage. Une façon la aussi pour Brown de réduire les inégalités sociales.

Via The Undefeated